La Cité de la Muette La Cité de la Muette était, à l'origine, un ensemble de bâtiments comportant 1 200 logements. Ils furent construits entre 1931 et 1934 par la maison Ferrus & Elambert, société de bâtiments et de travaux publics, pour le compte de l'Office Public d'Habitation à bon Marché du Département de la Seine. Il s'agissait d'un ensemble composé de cinq tours de quinze étages chacune, de plusieurs bâtiments sous forme de barres implantées en peigne, composées de trois et quatre étages et d'un bâtiment en forme de U, appelé " Cours d'entrée " et aussi " Fer à cheval ". C'est ce dernier bâtiment, seul qui reste aujourd'hui, qui est devenu le camp d'internement. La Cité de la Muette se situait à la pointe de la modernité concernant l'image urbaine et architecturale qu'elle proposait. Les architectes Lods et Beaudouin avaient mis en uvre des procédés de construction qui ont modernisé, rationalisé la technique du bâtiment, les méthodes de construction. Plusieurs revues d'architecture et des travaux publics ont consacré, à l'époque, des articles à la Cité de Drancy. La revue Chantier - organe technique de l'architecture d'aujourd'hui - a entièrement consacré son numéro de mars 1933 à la construction de la Cité de la Muette, considérée comme une révolution technique. La notion de modernité se traduit également dans l'aménagement intérieur des logements. Dans les tours, la surface des logements est très réduite : 29 m2 pour un deux pièces cuisine. La revue La Technique des Travaux, dans un article de l'époque consacré à la construction de la Cité de la Muette à Drancy, définit ces dimensions comme heureuses et ajoute qu'elles conviennent à des ménages peu nombreux ou à des personnes seules. Toutes les pièces sont standardisées depuis le robinet de la baignoire jusqu'aux sonnettes électriques, aux radiateurs, aux marches d'escaliers. Selon Jean-Paul Flamand, ces deux signes de modernité - la surface et l'aménagement intérieur des logements - rappellent les réalisations de la même époque en Allemagne, marquées par les recherches des architectes modernes, qui étaient les promoteurs de la notion d'existenzminimum. En 1935 les cinq tours et les petits bâtiments implantés en peigne étaient achevés. Ils sont devenus résidence des officiers de la gendarmerie mobile. Le bâtiment en forme de U appelé " Fer à cheval " n'était pas tout à fait achevé et était resté inoccupé. |